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L'IA au cabinet médical : données patients et secret médical

Un médecin peut-il utiliser ChatGPT ? Ce qu'exigent le RGPD art. 9, le secret médical et le code de déontologie — et comment protéger les données patients en pratique.

Par Alexis de ONYRI
Vos données vous inquiètent ? Anonymisez-les avant l'IA

En bref : ne saisissez jamais de données patients identifiables dans une IA grand public comme ChatGPT, Copilot ou Gemini. Les données de santé sont spécialement protégées par l'article 9 du RGPD. À cela s'ajoute le secret médical, encadré par le code pénal et le code de déontologie. L'IA peut aider un cabinet, mais seulement si vous retirez ou remplacez d'abord tout ce qui permet de remonter à un patient.

Pourquoi les données patients sont très protégées

Les données de santé font partie des catégories particulières de données personnelles. C'est écrit à l'article 9 du RGPD. Leur traitement est interdit par principe et permis seulement dans un cadre étroit, comme le soin lui-même. À cela s'ajoute le secret médical. Il vous oblige à protéger les informations du patient. Le violer est une infraction pénale.

  • RGPD art. 9 : les données de santé sont une catégorie particulière, à protection stricte.
  • Secret médical : révéler une information de santé sans autorisation est une infraction pénale (art. 226-13 en France, § 203 du code pénal en Allemagne).
  • Code de déontologie médicale : le secret professionnel est aussi une obligation déontologique et perdure après le décès du patient.
  • Un nom, une date de naissance ou un diagnostic rare peut à lui seul rendre une personne identifiable.

Point clé : même si vous remplacez un nom par un espace réservé, il reste souvent une donnée personnelle. Selon le considérant 26 du RGPD, les données pseudonymisées restent des données personnelles. La pseudonymisation réduit le risque, mais ne supprime pas vos obligations.

Ce qui se passe quand vous saisissez des données

Quand vous tapez un texte dans une IA grand public, ce texte quitte votre ordinateur. Il est traité sur les serveurs de l'éditeur et peut y être conservé. Le sort du contenu dépend du service et de la formule. Ces politiques changent souvent, alors vérifiez toujours la documentation à jour.

  • Selon OpenAI, les saisies de ses services grand public gratuits peuvent servir à l'entraînement sous certaines conditions, sauf si vous vous y opposez — vérifiez les conditions actuelles.
  • Selon Microsoft et Google, les produits professionnels et entreprise suivent des règles différentes des versions grand public gratuites.
  • Sans contrat de sous-traitance (DPA), vous n'avez en général pas de base légale pour confier des données personnelles à l'éditeur.
  • Une fois le contenu envoyé, il ne peut pas être rappelé de façon fiable.

Pour vous, cela veut dire : dès qu'une information couverte par le secret quitte votre ordinateur et arrive chez un éditeur sans DPA, cela peut constituer une divulgation illicite. C'est vrai même si vous l'avez saisie vite, juste pour une aide à la rédaction.

Quel usage de l'IA est permis au cabinet

Tout usage de l'IA n'est pas interdit. Cela dépend de la présence de données identifiables et de la mesure de protection appliquée. Le tableau ci-dessous montre des cas typiques du quotidien. C'est un repère, pas un blanc-seing — en cas de doute, le principe le plus strict l'emporte : aucune donnée patient dans l'IA.

Cas d'usageAutorisé ?Mesure de protection
Écrire un modèle de rendez-vous général sans référence patientOuiUtiliser des espaces réservés au lieu de vrais noms et données
Résumer un courrier médical avec un vrai nomNonPseudonymiser d'abord ; seulement avec un DPA et un service vérifié
Rechercher un tableau clinique anonyme et fréquentOui, avec prudenceAucun détail identifiant ; ne jamais citer une combinaison rare
Vérifier une facture avec un numéro d'assuréNonUtiliser un logiciel local du cabinet, pas une IA grand public
Rédiger un modèle d'e-mail patientOuiRemplacer nom, diagnostic et contact par des espaces réservés

Retenez cette règle simple : plus les détails sont précis, plus une personne est facile à identifier. Un tableau fréquent dans une grande ville est moins sensible qu'un diagnostic rare dans un petit village. Dans le second cas, le contexte seul suffit parfois à reconnaître la personne.

Pseudonymiser avant chaque usage de l'IA

La mesure la plus efficace est la minimisation : révélez le moins possible. Ce qui reste, remplacez-le par des espaces réservés avant que le texte ne quitte le cabinet. C'est exactement là qu'intervient ONYRI Sanitize. L'outil détecte les détails sensibles dans le texte et les remplace par des jetons réversibles — par exemple, un nom devient un espace réservé neutre.

Une précision technique : le moteur de détection tourne entièrement dans votre navigateur. La correspondance entre le jeton et la vraie valeur reste toujours locale sur votre appareil et n'est jamais envoyée à un serveur. Quand vous utilisez le Chat intégré, seul le texte déjà anonymisé part vers le modèle d'IA. La réponse est ensuite recomplétée avec les vraies valeurs dans votre navigateur.

  • Minimisation des données (RGPD art. 5) : ne traiter que le strict nécessaire.
  • La pseudonymisation réduit nettement le risque de divulgation.
  • La correspondance jeton-valeur ne quitte jamais le navigateur.
  • Pour rester honnête : les données pseudonymisées restent personnelles (considérant 26). Vos obligations demeurent.

ONYRI ne garantit pas la conformité au RGPD et ne rend pas votre résultat juridiquement anonyme. L'outil réduit la quantité de données qui sort du cabinet. Cette minimisation soutient vos obligations — elle ne les remplace pas.

Check-list : DPA et documentation

Si vous voulez utiliser l'IA au cabinet, il faut plus que de la prudence en tapant. Il faut un cadre documenté. Passez ces points dans l'ordre avant de mettre le premier outil en service.

  1. 1Vérifiez si l'éditeur propose un contrat de sous-traitance (DPA) et signez-le.
  2. 2Clarifiez où les données sont traitées et si elles servent à l'entraînement — d'après la documentation à jour de l'éditeur.
  3. 3Fixez par écrit quel usage de l'IA est permis et lequel ne l'est pas.
  4. 4Pseudonymisez ou retirez toutes les données patients avant qu'elles n'atteignent un outil d'IA.
  5. 5Formez votre équipe : qui a le droit de faire quoi, et qu'est-ce qui ne doit jamais aller dans une IA ?
  6. 6Tenez un registre des activités de traitement et documentez vos décisions.

En cas de doute, impliquez votre autorité de contrôle ou votre ordre professionnel. En Allemagne, la Conférence des autorités de protection des données (DSK) a publié une orientation sur l'intelligence artificielle et la protection des données. C'est un bon point de départ pour la pratique.

Questions fréquentes

Puis-je utiliser ChatGPT pour des données patients en tant que médecin ?
Pas avec des données identifiables. Les données de santé sont spécialement protégées par le RGPD art. 9, et le secret médical vous engage aussi. Sans DPA et sans pseudonymisation, saisir de vraies données patients dans une IA grand public est à haut risque.
Retirer seulement le nom suffit-il ?
Souvent non. Une date de naissance, un lieu ou un diagnostic rare peuvent aussi rendre une personne identifiable. Et même pseudonymisées, les données restent personnelles selon le considérant 26 du RGPD. Retirez le plus possible.
Un outil comme ONYRI rend-il mon usage conforme au RGPD ?
Non. ONYRI pseudonymise votre texte et réduit la quantité de données qui sort du cabinet. Cela soutient la minimisation (RGPD art. 5), mais ne remplace ni un DPA, ni la documentation, ni une analyse juridique.
De quoi ai-je besoin pour utiliser l'IA en toute sécurité au cabinet ?
Un contrat de sous-traitance, une règle interne claire, la pseudonymisation avant chaque saisie, la formation de l'équipe et une documentation. En cas de doute, examinez le cas avec votre autorité de contrôle ou votre ordre professionnel.

Sources et références

Gardez vos données sensibles dans votre navigateur

ONYRI Sanitize détecte et masque vos données sensibles avant l'envoi à l'IA, puis restaure la réponse — du nom à la clé API.

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