Mettre des données patients dans ChatGPT : que dit la loi ?
Coller des données patients identifiables dans ChatGPT est, dans la plupart des cas, une violation du RGPD et du secret médical. Ce que dit la loi, et la voie conforme.
Coller des données patients identifiables dans un assistant grand public comme ChatGPT est, dans la plupart des cas, une violation du secret médical et du droit de la protection des données : RGPD dans l'Union européenne (la santé est une « catégorie particulière »), HIPAA aux États-Unis. Le professionnel — et son employeur — s'exposent à des sanctions. La voie conforme n'est pas d'éviter l'IA, mais de n'y envoyer aucune donnée identifiante : on anonymise avant.
Données de santé : un régime juridique strict
Le RGPD interdit par principe de traiter des données de santé, sauf exceptions encadrées (soins, consentement explicite…). Les confier à un service tiers sans base légale ni encadrement contractuel sort de ces exceptions. Aux États-Unis, la loi HIPAA produit le même effet : transmettre des informations de santé identifiables à un tiers non couvert est une divulgation non autorisée. Sur les threads où la question se pose, la réponse des professionnels est sans détour : « c'est 100 % une violation ».
Pourquoi un compte personnel n'est pas conforme
Un compte individuel, gratuit ou payant, ne s'accompagne d'aucun engagement adapté au traitement de données de santé. Pour qu'un usage soit défendable, il faut un cadre contractuel avec le fournisseur (aux États-Unis, un « BAA » — Business Associate Agreement ; dans l'UE, un accord de sous-traitance conforme à l'article 28 du RGPD) et les garanties techniques associées. Sans cela, peu importe l'offre : la donnée est sortie sans base.
- Pas de contrat de sous-traitance adapté = pas de base pour traiter de la santé.
- Le secret professionnel ne dépend pas du canal : une IA tierce reste un tiers.
- Une offre « payante » ne vaut pas « conforme » sans encadrement contractuel et garanties.
- Le risque pèse sur la personne qui a collé, et sur la structure qui l'emploie.
Si la donnée est déjà partie
Un collègue a déjà collé un dossier dans une IA ? Traitez-le comme une violation de données personnelles : documentez l'incident, évaluez l'ampleur, et vérifiez l'obligation de notification. En France, une violation susceptible d'engendrer un risque doit être notifiée à la CNIL, en principe sous 72 heures, et les personnes concernées informées si le risque est élevé. Le réflexe ensuite : outiller l'anonymisation pour que cela ne se reproduise pas.
La voie conforme : ne jamais envoyer d'identifiant
- 1Détection : le moteur repère identité, identifiants de soin et éléments ré-identifiants.
- 2Tokenisation : chaque élément devient un jeton neutre, conservé en mémoire locale.
- 3Envoi : seul le texte anonymisé atteint l'IA — aucune donnée de santé identifiable ne transite.
- 4Restauration : la réponse est détokenisée dans votre navigateur, rattachée au bon dossier.
ONYRI Sanitize détecte les données identifiantes d'un dossier — identité, numéro de sécurité sociale, coordonnées, éléments médicaux — et restaure la réponse côté navigateur. Les professionnels de santé gardent l'aide de l'IA pour reformuler ou synthétiser, du bon côté de la loi.
Questions fréquentes
- Est-ce illégal de mettre des données patients dans ChatGPT ?
- Dans la plupart des cas, oui : c'est une atteinte au secret médical et, faute de base légale et d'encadrement, une violation du RGPD (données de santé = catégorie particulière) ou de HIPAA aux États-Unis. La solution n'est pas d'éviter l'IA, mais de n'y envoyer aucune donnée identifiante.
- L'abonnement payant à 20 € règle-t-il le problème ?
- Non. Une offre payante ne vaut pas « conforme » : pour traiter des données de santé, il faut un cadre contractuel adapté (BAA aux États-Unis, sous-traitance RGPD article 28 dans l'UE) et les garanties techniques. Sans cela, le tarif ne change rien au statut juridique de la donnée.
- Un collègue l'a déjà fait, que dois-je faire ?
- Traitez-le comme une violation de données : documentez (qui, quoi, quand), évaluez le risque et vérifiez l'obligation de notification (en France, CNIL sous 72 h en principe, information des personnes si le risque est élevé). Puis mettez en place l'anonymisation pour éviter la récidive.
Sources et références
Gardez vos données sensibles dans votre navigateur
ONYRI Sanitize détecte et masque vos données sensibles avant l'envoi à l'IA, puis restaure la réponse — du nom à la clé API.
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